Un autre monde, notre monde ?

De : Association Abuledu-fr

Grandville a publié en 1844 « Un autre monde : transformations, visions, incarnations … et autres choses » dont une version est téléchargeable en .pdf sur le site d’archive.org. J’ai fait des captures d’écran des cent-soixante illustrations dont la quasi-totalité me semble donner matière à rire et réfléchir pour les jeunes et les autres. Par contre, je n’ai pas du tout adhéré à la trame narrative ; je les dépose donc pour le moment comme ressources « brutes » sur abulédu-data.

Éclipse... conjugale et observateurs, par Grandville (page 94)

Éclipse… conjugale et observateurs, par Grandville (page 94)

Plusieurs références bibliographiques sont disponibles en ligne :

P.S. Cyrille Largillier propose de télécharger le dossier zippé SINGLE PAGE PROCESSED JP2 ZIP et les fichiers choisis avec Gimp, ce qui donne ce résultat comme qualité :

Éclipse conjugale de Grandville, fichier téléchargé par C. Largillier

Éclipse conjugale de Grandville, fichier téléchargé par C. Largillier

 

 

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Titanium ou l'énigme de la tablette.

De : Mathix

Voilà Collmaths_Toucy, un professeur de maths (que je suis et qui me suit) a mis sur Facebook une petite trouvaille.

Je vous conseille d’ailleurs de suivre son compte facebook, ça fourmille d’idées!

Il a regardé le Film Titanium et un des personnages y raconte une énigme… bon ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe dans le film, mais l’énigme est plutôt marrante.

Voici la vidéo à destination des élèves de 4e et 3e :

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Très petit problème de maths : saurez-vous trouver l'erreur dans la Guerre des Boutons?

De : Mathix

PO24J’ai reçu récemment un mail de Jérôme Maillard, il m’informe d’une petite erreur dans le film la Guerre des Boutons de 1962.

Bon, l’erreur est quasi-évidente, j’ai hésité à en faire une vidéo, car la recherche d’erreur est trop sommaire.

Mais rien que pour la « culture » cinématographique, je me suis dit que cela pourrait intéresser… Histoire des Arts, non? Il est marrant d’avoir une anecdote mathématiques sur une oeuvre, non? Il est parfois difficile en prof de maths de s’inscrire dans cette démarche d’HDA alors autant en profiter.

Bon, niveau loi EVIN, on est limite….

Et puis je trouve marrant de revoir ce film plutôt culte avec ‘tit Gibus.

Merci Jérôme pour cette trouvaille!

Voici la vidéo à destination des élèves de 4e et 3e :

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Problème vidéo : la taille de Pluton

De : Mathix

En plein dans les travaux, abattage de murs, électricité à refaire, cloison à refaire, trou dans le carrelages depuis 2 semaines,  je n’en oublie pas moins le blog. Aujourd’hui, je viens de recevoir un mail d’Olivier LONGUET, prof de maths de son état, vous vous souviendrez de lui, si je vous parle de la BD sur les problèmes DUDU. Olivier c’est aussi Monsieur Bricolage avec un grand B, j’admire ça franchement, moi je suis plutôt du genre vite-fait-mal-fait-on-colmate-et-c’est-toujours-moche.

img02Bref, ici il n’est pas question de bricolage, ici il est question d’actualité et une imprécision de journaliste qu’Olivier L. m’a fait remonter.

fr2Nous sommes sur France 2, lundi dernier, « New Horizon » va passer devant Pluton, on extrapole ce que l’on va y découvrir. Mais avant cela le journaliste donne les caractéristiques de Pluton comme sa taille, en la comparant avec la Terre….

Je vous laisse découvrir la vidéo, moi, je retourne aux travaux, « the kitchen must go on. »

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<meta name="robots" content="noodp">

De : Cyrille-Borne

Borne et Associés – Ce professeur de mathématiques au lycée agricole le Cep d'Or de Clermont-l'Hérault raconte ses nombreuses expériences pédagogiques et informatiques : Linux, Window. Il n'oublie pas la culture.

Cette description n'est pas de moi, vous vous doutez que si ça avait été moi on aurait droit à "votre spécialiste du déréférencement", "vers l'infini et pourquoi pas au delà", "il pourrait sauver le monde ou pas" qui est la dernière en date. Même si j'aime parler de moi à la troisième personne, il est tellement fort et beau, pardon il s'égare, la problématique dans une description aussi précise c'est que malheureusement quand tu n'es plus prof de mathématiques au Cep d'Or de Clermont-l'Hérault mais à Bonne Terre de Pézenas c'est qu'il faut changer la description. Il s'agit de la description qui se trouve dans l'annuaire dmoz et que vous pouvez trouver ici. Si j'ai tout compris mais cela reste à prouver, l'annuaire dmoz a pour mission d'indexer le monde et d'y mettre de(s) fausses descriptions, il est maintenu par des bénévoles et a quand même suffisamment de poids pour que Google, bing et ses potes récupèrent la description de votre site en priorité là dessus.

J'ai donc envoyé un correctif avec mon superbe mail en familleborne, qui pourrait laisser sous entendre que quand tu t'appelles Cyrille BORNE que tu veux modifier cyrille-borne.com que tu es quand même pas trop mal placé. J'attends depuis plusieurs semaines sans réaction, sur certains forum c'est une private joke, certains en sont à quatre ans sans avoir obtenu de réponse.

Une fois de plus on notera le grand n'importe quoi de l'internet, les moteurs de recherche vont donc puiser leurs sources ailleurs que sur le site qu'ils indexent, sur un annuaire de plus où le propriétaire du site peine à mettre sa propre description, c'est comme si quelqu'un venait vous expliquer qui vous êtes et ce qu'on va mettre, qu'on ne puisse rien changer. Si la description dans mon cas, à part être obsolète, à part manquer de fantaisie ne me pose pas plus de problèmes, on peut facilement imaginer les dérives.

Pour contrer les moteurs de recherche vous devez placer dans votre header la balise :

<meta name="robots" content="noodp">

A priori ça passe au bout d'un certain temps, une bonne semaine je pense, si on googlise Cyrille BORNE, la description n'apparait plus, néanmoins elle ne donne pas la description de mon blog ce qui sera certainement l'objet d'un passionnant billet où j'ai réussi à faire plus de caractères que cinq billets de certains de mes confrères pour juste balancer cette ligne.

Si vous avez donc un jour une description de votre site qui ne correspond pas à celle que vous avez mise, ne cherchez pas plus loin, c'est dmoz.

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Pluxml 5.4

De : Cyrille-Borne

Comme vous pouvez le voir ou pas si vous êtes usager de flux RSS, le site vient de passer en version 5.4 de pluxml. Je viens de corriger le bug de l'antispam, j'ai un problème de largeur pour les images, un rendu moyen pour les vidéos et pour les images sur le téléphone portable, j'ai fait comme d'habitude, j'ai envoyé à Stéphane Ferrari, le lead project.

Le bug de l'antispam, je vous l'explique, j'ai remplacé le coup de la lettre dans le mot par un joli captcha en image, malheureusement dans le fichier commentaires dans le thème, on a une limite à une lettre, ce qui est normal puisque la réponse ce n'est qu'une lettre, sauf que pour le joli captcha en image c'est 5. On devra modifier la ligne               

<input id="id_rep" name="rep" type="text" size="2" maxlength="1" style="width: auto; display: inline;" />

en

<input id="id_rep" name="rep" type="text" size="2" maxlength="5" style="width: auto; display: inline;" />

Même si Pluxml est moins convivial que l'usine à gaz WordPress, il s'agit réellement d'un choix que je ne regrette pas. Léger, une vraie communauté derrière, francophone de surcroit, et puis je trouve aussi que le côté spartiate que nous sommes plusieurs à avoir choisi en ne conservant que le minimum vital ainsi que la skin de base permet de mettre l'écriture en avant plutôt que l'emballage. Mon blog c'est un peu comme Shrek, ce qui compte ce n'est pas l'apparence mais bien ce qu'on trouve sous les couches de l'oignon.

Si vous constatez une anomalie, n'hésitez pas à me le transmettre par les voies naturelles, la page de contact, le mail ou les commentaires ou pourquoi pas de façon contre nature pour les plus coquins d'entre vous par Facebook.

Le site officiel : pluxml

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LMDE, une nouvelle possibilité

De : Cyrille-Borne

LMDE ou Linux Mint Debian Edition est une distribution dont nous parlions régulièrement ici jusqu'à ce qu'on réalise que ce soit une grosse sucette. Linux Mint c'est la distribution encore plus facile qu'Ubuntu basée sur Ubuntu, à l'époque le projet qui s'appuyait sur une testing paraissait une idée intéressante, Linux Mint proposait une rolling release basée sur debian sauf qu'on avait plusieurs problèmes : la notion de rolling release c'est une mise à jour régulière quand on n'avait des packs qui arrivaient à des intervalles très espacés au point de ne plus les attendre, c'était la foire aux bugs, ça plantait à tout va.

Passer désormais sur debian stable, relance complètement la distribution et ses possibilités. A l'heure actuelle dans les distributions pour le bureau me paraissent pertinentes :

  • debian que j'utilise à titre personnel, que j'utilisais dans mon lycée. Debian a l'intérêt d'être épuré, léger, robuste, de présenter un compte administrateur, debian c'est debian, ce qui est la meilleure des synthèses. En outre il est plus long à configurer, pas très sexy
  • Handylinux qui offre une interface plus accessible, qui embarque un tas de pilotes propriétaires et qui permet donc une installation rapide. J'ai eu tendance à le mettre sur des PC sur lesquels je n'avais pas envie de me casser la tête. Les logiciels qui sont embarqués sont pertinents si bien qu'il n'y a pas besoin de faire de modifications particulières, je n'ai jamais essayé d'en faire d'ailleurs, je ne sais pas si ça se fait en quelques clics. Le menu est d'ailleurs en train d'évoluer cela sera certainement encore plus facile dans l'avenir.
  • Xubuntu qui jusqu'à maintenant était une possibilité intéressante pour une installation chez des particuliers. Tout le KISS de Ubuntu, la légèreté de l'interface de Xfce, sauf que sur le papier ce n'est plus du tout vrai, depuis la dernière version Xubuntu est un véritable veau. Rajoutons à cela les traditionnels bugs qu'on retrouve dans Ubuntu, des problèmes lors des fameuses mises à jour tous les six mois ou durant l'utilisation.

On est donc dans une situation qui n'est pas satisfaisante. Debian va bien mais l'aspect moche, le temps de configuration nécessaire pour avoir quelque chose de potable c'est un coup à faire son propre fork. Handylinux est un projet intéressant mais son interface reste assez particulière, même si l'on peut faire un retour arrière sur debian, on n'est pas dans du out of the box traditionnel. Rajoutons à cela une équipe restreinte autour du projet et donc des interrogations légitimes par rapport à la pérennité du projet. Avec une tendance pour ma part à l'utilisation de machines d'occasion, je ne suis pas le seul, quand je vois que Xubuntu fait ramer mon brix, la solution de Canonical n'est plus viable.

J'ai virtualisé le système avec une mate, 40 ans obligent, comme on peut le constater on est sur du classique, c'est customisé, on pointe bien vers des dépôts de debian stable, si l'on regarde dans les ressources consommées, sur le papier on n'a pas l'air d'avoir grand chose de bizarre comme on pouvait l'avoir sur Xubuntu, tout ceci reste virtuel, il faudra donc tester en dur, faire le test sur le long terme pour vérifier si c'est plein de bugs ou pas, je vais peut être le faire pendant les vacances même si j'ai installé mon PC sous debian il y a quelques mois ce qui me gave un peu.

Néanmoins c'est quand même tentant, parce qu'on tient là ici ce qu'à titre personnel j'attends depuis des années : une distribution facile, une distribution qui n'est pas un fork d'Ubuntu et qui s'appuie sur une communauté, une distribution qui est basée sur debian stable.

 

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Plus loin dans la veille

De : Cyrille-Borne

Alors certes on me taxera de pessimisme ou d'être atteint du syndrome d'on va tous mourir combiné à celui de la répétition mais trouver de l'info déjà à l'année ça commence à devenir difficile, pendant la période estivale cela relève du défi. Plutôt toutefois d'aborder une vision pessimiste et quelque part d'accuser le reste du monde, je me dis qu'il est peut être temps de faire une remise en question dans la façon de faire ma veille.

Historiquement les vieux comme moi agrégeaient des tas de sites il y a quelques années, on était d'ailleurs content d'avoir des sites comme le planet-libre pour avoir moins de sites, et j'ai souvenir qu'on avait des billets de gens qui écrivaient qu'ils se limitaient à 200 sites, ou 100, pas un de plus ou de moins, pour se contraindre à se limiter dans l'infobésité. Aujourd'hui, je dois avoir plus de 180 flux, j'étais descendu à 130 et j'ai tendance désormais à agréger tout et n'importe quoi. La problématique étant que les gens écrivent de moins en moins sur les sites que j'ai pu fréquenter, si bien que dans la mouvance actuelle, je pourrai agréger 250 flux, ça serait globalement pareil, parce que si on agrège des sites morts ou pas loin de l'être, quel que soit le nombre ça ne va pas changer grand chose au compteur.

La dernière fois j'ai écrit, que les plus vieux sites avaient davantage de visibilité que les nouveaux, même si tout n'est pas gravé dans la pierre, ce n'est pas totalement faux, c'est plus facile de faire écouter sa musique au monde entier quand on s'appelle Madonna que Jean-Pierre Raoul et les Linux Boys, cela ne veut pas dire pour autant que la musique du plus connu est meilleure que celle du groupe amateur, mais ce n'est pas le débat. Je vais de plus me risquer à une supputation qui m'est particulièrement personnelle, je pense qu'il y a désormais des gens qui ne font aucun effort sur leur visibilité. Écrire par plaisir, en attendant d'être trouvé, puisqu'il n'y a aucun enjeu, pourquoi pas, il m'arrive de trouver encore des blogueurs qui n'assurent pas la présence sur les réseaux sociaux, qui ne vont pas courir les commentaires des blogs plus gros pour se faire connaître, faire les forum, qui se limitent à l'écriture pure et dure. Je ne sais pas si c'est le cas chez les nouveaux arrivants mais c'est une tendance que je constate chez certaines personnes qui écrivent de longue date, Ploum par exemple, dont si je ne m'abuse, vous ne trouverez les écrits que chez lui et pas par l'intermédiaire d'un planet quelconque et dont la participation aux réseaux me parait limitée.

On va donc trouver des gens qui écrivent au coin d'un moteur de recherche, et j'adopte donc une nouvelle technique, celle de l'alerte c'est à dire aller à la recherche de ces gens sur des mots clés. Je m'essaie donc à talkwalker, un nom qui m'amuse beaucoup car il fait penser à Walker Texas Ranger. Le principe est simple, vous définissez un mot, une expression, une langue, tous les résultats ou les plus pertinents et vous recevez tout ça par mail ou en agrégation RSS. A priori en version gratuite on est limité à 100 recherches, je pense que c'est largement suffisant, il faut que je vois en outre la qualité des résultats.

Une autre possibilité s'offre à moi pour faire de la veille, utiliser facebook. Comme je l'ai déjà signalé, le soufflé est déjà tombé, l'euphorie des retrouvailles étant passée, je me retrouve avec la batterie de plaisanterie à deux balles, de selfies bien prétentieux et d'autres choses qui ne m'intéressent absolument pas mais qui correspondent pleinement à l'usage qui est fait de cet outil. On est quelque part pas si loin des problèmes qu'on rencontrait sur diaspora* ou d'ailleurs dans n'importe quel réseau social, la sensation d'être tôt ou tard être pris en otage par des gens qui font défiler tout et n'importe quoi dans la timeline. Néanmoins et c'est une différence notable avec Diaspora* le moteur de facebook étant particulièrement puissant, on peut choisir de voir moins de publication d'une personne, plus de publication du tout sans pour autant ne plus être ami avec cette personne ce qui est le cas pour diaspora*, en tout cas au moment où je l'ai laissé, un traitement binaire de l'individu, tout ou rien, ça a peut être évolué. La moralité c'est que je vais retrouver des gens comme Philippe qui fait de la veille, mais aussi des gens plus rares comme Claude Picot dont le blog est en pause depuis deux ans. La force du système facebook bien sûr c'est d'avoir accès à tout et tout le monde ou la grande majorité des gens, si je pouvais récupérer le RSS de ma page d'accueil pour en plus éviter d'y aller ce serait encore meilleur.

La moralité de notre histoire est toujours bien simple, mon web, vous noterez mon et pas le, est en train de mourir. Comme tout cela m'intéresse encore beaucoup, et que je ne suis pas totalement prêt à m'inscrire à des cours de Zumba ou de poterie, je fais l'effort de me remettre en question et de chercher de nouvelles approches pour renouveler mes sources. Nous finirons avec la question blogueur pour faire monter les commentaires et le tutoiement de rigueur pour donner l'impression que nous sommes amis alors que nous savons pertinemment que ce n'est pas le cas (bonus de fourberie), et toi quelles sont tes astuces pour te tenir informé alors que le monde s'effondre sous tes pieds ?

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Rendez vous en bonne terre inconnue, épisode 2

De : Cyrille-Borne

Hier matin rendez vous au lycée, le prof d'informatique qui est globalement le plus au courant, la société de prestation de service, je suis en avance, le prestataire aussi. Je me présente, je m'appelle Cyrille, je viens de passer douze ans dans l'agricole à monter des lycées sous Linux, il se présente, il vient de la société absys, et il me plait bien, il est humble, il respecte le fait que lorsqu'on n'a pas de moyens on fait avec les moyens du bord, si par contre on a de l'argent on peut faire autrement. J'ai donc une présentation complète de l'architecture de l'établissement, serveurs de virtualisation, machines, switchs super sophistiqués, un appareil qui contrôle toutes les bornes Wifi, c'est magique, ça coûte un bras, mais c'est magique quand même, mon collègue arrive, on définit ce qu'on fera, ce qu'on ne fera pas. Je ne ferai rien.

Comprenez que c'est faux, nous le savons, mais je me contenterai d'observer, j'ai demandé d'avoir des profils en lecture seule, de façon à pouvoir vérifier d'éventuels blocages mais en aucun cas je ne me permettrai d'intervenir directement dans le travail du prestataire qui maîtrise parfaitement son affaire et qui est payé pour le faire. Comme je l'avais expliqué dans le précédent billet, mon rapport à l'argent est simple, si on a les moyens, que le prestataire informatique est compétent, qu'il offre une solution dans laquelle on ne se casse pas la tête, je dis banco. Le but du logiciel libre n'est pas de prendre le travail du logiciel propriétaire, il apporte une autre vision des choses, je pense qu'ils sont complémentaires. Si on paye en outre il faut en avoir pour son argent, ici le prestataire est réactif, compétent, si je glisse un backlinck ce n'est pas pour rien.

Ma mission informatique d'ailleurs n'est pas vraiment hardware, c'est le domaine de mon collègue, un homme avec qui nous partageons l'essentiel, avoir une informatique la plus simple, la plus fonctionnelle, et surtout la plus utilisée par nos collègues parfois en difficulté, pour certains l'utilisation d'une boîte mail est une nouveauté. C'est beau quand même, lui avec son iphone et son imac, moi mon PC sous Debian et mon smartphone sous Firefox OS, partageant l'essentiel, il m'a même proposé de passer une salle sous Linux afin de montrer aux élèves qu'il n'y a pas que Microsoft dans la vie. Et c'est d'ailleurs peut être jouable à plus d'un titre. En effet il apparaît que cette fameuse TSE, c'est tout simplement ce qu'on appelle une connexion RDP chez nous, remmina par exemple, le client à tout faire pour visionner des bureaux distants m'a permis de me connecter à une session élève, il était toutefois tard ce qui fait que je n'ai pas pu vérifier si le montage USB, le son et éventuellement les imprimantes passaient.

Et c'est d'ailleurs paradoxal, car c'est peut être une distribution Linux qui pourrait nous dépanner pour un serveur Windows. En effet, le principe du serveur de virtualisation c'est dans les avantages la possibilité de se connecter avec des clients légers qu'on traduira par vieilles rougnes de pentium IV à qui l'on donne la chance d'une existence prolongée à un serveur qui donnera l'illusion de travailler sur une machine très récente. Le problème c'est que pour rester en règle, les machines sont sous Windows XP et il apparaît quelques problèmes de communication entre le serveur et le client qui n'apparaissent pas sous Windows Vista ce qui peut aussi se concevoir, Windows XP est abandonné depuis plus d'un an. Dès lors on peut imaginer qu'avec une debian qui a plus de 10 ans d'écart technologique avec un XP, les choses pourraient se passer plutôt pas mal, à suivre donc ou à voir dans les commentaires si des gens font déjà ça, des clients légers sous Linux pour une utilisation de Microsoft en serveur distant.

Il y a un autre intérêt à Linux, c'est un croisement de réflexe de Pavlov et de pédagogie. Un élève, je pense, ne va voir dans la session virtuelle qu'un double intérêt, avoir ses affaires quel que soit l'ordinateur qu'il utilise, personnaliser sa session à sa guise. Néanmoins cela reste un travail d'apprentissage car concrètement le gamin lorsqu'il lance un ordinateur il arrive sur un premier bureau, comprendre alors qu'il faut lancer un deuxième bureau, ce n'est pas forcément simple. Avec une distribution Linux, on peut imaginer ce qui est tout a fait possible avec Windows mais peut être un peu plus pénible à paramétrer en terme de stratégies, un bureau avec comme seul programme la connexion rdp, et pourquoi ne pas imaginer le lancement de cette connexion au démarrage.

Aujourd'hui, j'ai une vision d'ensemble de l'informatique du lycée, j'ai des partenaires extérieurs de confiance, des collègues qui ont la même vision de l'informatique dans le monde de l'éducatif, et j'ai pu définir de façon très rapide mon territoire. Le système de virtualisation est récent, il date de janvier de cette année, et il a démarré sur un existant pas forcément carré, une situation que j'ai déjà vécue par deux fois, où l'on voit des câbles partir dans les murs sans savoir où ils vont, nécessairement il y a encore des choses à affiner mais l'infrastructure est déjà solide.

Dès lors ce qu'il faut faire

  • avoir une vision détaillée de l'architecture, et notamment des imprimantes qui sont sous la responsabilité d'un autre prestataire.
  • connaître tous les logiciels et leurs spécificités, je pense notamment à BCDI qui  est une nouveauté pour moi puisque comme je l'avais écrit un CDI c'est mon premier, mais pas seulement, des logiciels de gestion de session pour Microsoft ou encore certains logiciels de génération des emplois du temps où jusqu'à maintenant je n'ai connu que du fait main.
  • faire le grand ménage dans l'inutile, il y en a que ce soit dans les fichiers, le web, le hardware, le légendaire "faire propre".
  • donner des méthodes de travail aux enseignants, c'est ce qui sera le plus long mais c'est aussi ce qui va me permettre de rencontrer les gens. Il sera en effet nécessaire de s'assoir à côté des personnes, une par une pour expliquer comment les choses fonctionnent
  • écrire des protocoles

Quand tout cela sera fait, à partir de ce moment là je pourrai penser projet pédagogique lié à l'informatique. Ce sera long, car l'approche ne peut pas être la même que dans mon précédent établissement. D'une part, la taille va faire énormément de différence moins de 20 personnes étaient concernées par l'informatique dans l'établissement si bien que la communication pouvait se faire très rapidement. Ici c'est plus du triple, d'un point de vue humain ce sera plus compliqué puisque selon les classes et les matières que je vais enseigner, il y aura peut être certaines personnes avec qui je ne serai pas amené à travailler. Je pense qu'implicitement on se sent moins concerné quand on ne vit pas les mêmes choses au quotidien, il faudra donc trouver les outils de communication efficaces pour réussir à fédérer au mieux. D'autre part quand je suis arrivé au Cep d'Or il n'y avait rien, tout était à faire, presque pas caricatural, mais néanmoins il est parfois plus facile de partir de zéro que d'arriver dans un endroit où certaines habitudes sont prises. Si pendant quatre ans j'ai pu faire oeuvrer tout le monde tambour battant car nous vivions dans l'urgence permanente, ici les choses sont très différentes et je ne peux pas jouer les gros bourrins.

De nombreux défis m'attendent et pas forcément informatique dans le sens technique mais plutôt dans le sens adhésion, et c'est un problème que nous connaissons bien dans le monde du logiciel libre, changer les mentalités, changer les habitudes, c'est peut être plus difficile que de compiler les noyaux et autres joyeusetés informatiques.

Pour l'heure, c'est enfin le temps des vacances, vacances sous le signe de la plage, des clés de la voiture posées, des amis, de la famille, du rangement et de la poutre, j'ai une intégrale d'assassin's creed à faire.

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Mettre une classe en îlots au lycée

De : Celia Guerrieri

Contexte pédagogique:
– utilisation du numérique en classe, y compris du BYOD.
– évaluation par compétences incluant l’évaluation de la participation orale individuelle et de groupe et l’évaluation de la qualité des travaux écrits de groupe.
– un tout petit soupçon de classe inversée autour des études et parcours.

Niveaux:
2nde et 1ère générale.

Mettre en îlots, pourquoi? Mon cheminement avant l’année scolaire 2014-2015.

Comme toujours dans mes pratiques pédagogiques, tout part des dys. Je m’étais rendue compte il y a environ 7 ou 8 ans, que si j’avais deux élèves dys dans la même classe, il leur était extrêmement profitable que je les mette en activité ensemble.

Un ou deux ans plus tard, je me suis retrouvée à enseigner à une classe de 1è STG: une classe adorable, volontaire, mais en très grande difficulté. J’ai alors réinvesti l’idée que j’avais appliquée aux élèves dys avec des modifications.
En effet, entre temps, des articles sur la classe inversée commençaient à paraître sur les réseaux sociaux. J’ai donc adapté ce que ces articles expliquaient à mes pratiques et à la réalité du programme de lycée.
Même si depuis 7 ans je ne fais plus ni les problématiques ni les plans ni les analyses des LA (1), les lectures analytiques pour l’oral restent du cours en face-à-face dialogué parce que je n’ai tout simplement pas le temps de faire autrement en 1ère: la date butoir de l’examen pose des contraintes difficilement dépassables, ou du moins, que j’ai du mal à dépasser;

Bref, j’ai donc appliqué ce que je lisais sur la classe inversée aux « études » et aux parcours, ce que l’on eût appelé dans un autre temps, les leçons. Par exemple, dans une séquence faisant la part belle à l’argumentation et aux auteurs des Lumières, les élèves auront une étude intitulée « Les idéaux des Lumières ».
Cette étude est distribuée à lire à la maison (gain de temps en classe). Au cours suivant, je commence par vérifier que tout le monde a tout compris. Je les mettais ensuite en groupe de 2 (facile à réaliser en bougeant un peu les tables dans la disposition classique des classes) pour répondre à des questions qui appliquent les notions de l’étude à un corpus de textes ou à l’oeuvre intégrale. Les réponses sont ensuite ramassées et évaluées en groupe.

Comme, entre temps, j’étais passée à l’évaluation par compétences, cela ne posait aucun problème dans l’évaluation. (2)

Les difficultés que ce passage temporaire en binôme soulevait

Le premier problème est le bruit. Forcément, quinze binômes qui travaillent ensemble à résoudre un problème, ça fait du bruit puisqu’ils parlent.
Cela a demandé un temps (relativement rapide) d’adaptation de ma part. Je suis ensuite devenue assez rapidement experte pour remarquer quand ils bavardaient pour tout à fait autre chose que la résolution des questions devant eux.

Le second problème concernait la mise en place des tables et des groupes. Si j’étais à l’étage avec d’autres classes sous mes pieds, je grimaçais à chaque table poussée, grinçante sur le lino, en pensant au pauvre collègue en-dessous. Le temps à mettre et remettre les tables en place, bien que rapide, était tout de même du temps perdu. Sans parler des petites salles, où changer la configuration, même temporairement, relevait du jeu de Tetris.
A l’origine, je ne pensais faire que des binômes. Les élèves n’envisageaient pas cela de cette façon, sans parler des classes à nombre impair d’élèves. J’ai donc posé comme limite 3 élèves par groupe, partant du principe qu’à partir de 4, il y en a toujours un ou une qui ne fait rien.

Le troisième problème est plus une remarque qu’un problème. Je ne fais pas de la classe inversée (3). Je fais un truc vieux comme le monde: des exercices d’application d’une leçon.
Les seuls éléments que l’on pourrait considérer comme différant légèrement de la norme de l’enseignement en Français sont que le travail est collaboratif (élément auquel je tiens particulièrement), qu’il existe des capsules vidéos consultables sur des éléments-clés qui servent à rafraîchir la mémoire des élèves (mais la leçon n’est jamais en vidéo: la densité de ce que j’ai à transmettre fait que la vidéo excéderait allégrement 6 minutes) et que la production est évaluée sur les savoir-faire (orthographe/syntaxe, qualité des réponses) et le savoir-être (dimension collaborative, qualité du travail de documentation).

Le quatrième problème est la fatigue qu’un tel travail implique pour l’enseignant. Faire cours en face-à-face, certes, vous devez faire vivre votre dialogue. Néanmoins, après plusieurs années d’expérience, on peut dire qu’il y a une certaine routine et facilité qui ne sont mises à mal que lorsque vous avez une classe particulièrement rétive ou passive.
Par contre, les cours en îlots impliquent que vous vous déplaciez dans la classe, que vous vous asseyiez auprès de chaque groupe à tour de rôle pour aider, répondre aux questions, valider… Pendant que trois autres groupes lèvent la main et vous appellent!
L’investissement intellectuel et relationnel demandé est bien plus important… Et épuisant!

Néanmoins, tout cela s’inscrivait dans un ensemble: la pédagogie différenciée. Ici, les éléments relevaient de la diversification (ressources ; personnes-ressources) ; de la différenciation des contenus (possibilité de choisir des exercices d’application de plusieurs niveaux de difficulté) ;  de la différenciation des processus (modalités d’accompagnement ; mobilisation de différentes démarches et stratégies ; individualisation de l’évaluation pour les élèves avec des troubles des apprentissages).

Au bout du compte, toutefois, il y avait dans mon enseignement, quelque chose qui n’y était pas tout à fait. Impossible de mettre le doigt dessus. J’étais persuadée toutefois que ce qui pouvait débloquer c’était de passer ma classe en îlots en permanence.

2014-2015: ma classe à moi

Après 13 années de TZRiat, j’ai enfin eu un poste fixe en lycée. Cerise sur le gâteau: j’ai eu ma classe à moi (à part pour quatre heures par semaine). J’ai d’abord laissé le temps aux élèves de s’habituer à l’évaluation par compétences, au recours au numérique et au travail en îlots pour les études. Puis, en mars, j’ai passé la classe en îlots en permanence, avec l’accord des collègues avec qui je partageais parfois la salle.
Pandémonium… ou presque!

Retour des élèves après deux mois de classe en îlots

Des questionnaires ont été distribués aux élèves. Sur 86 questionnaires distribués, 37 ont été rendus (4). Il s’agissait d’un QCM avec la possibilité de choisir plusieurs réponses à une même proposition, avec des réponses libres.
Voici quelques réponses:

1) Par rapport à la disposition comme elle était avant, j’ai l’impression:
(21 élèves) que je bavarde plus avec mes voisins pour des choses qui sont relatives au cours
(16 élèves) que je ne bavarde ni plus ni moins
(19 élèves) que je peux communiquer avec la prof plus facilement
(34 élèves) que je ne me déplace pas plus souvent dans la classe

2) La disposition de la classe en îlots est censée faciliter la collaboration entre les élèves. J’ai l’impression que c’est:
(23 élèves) vrai
(11 élèves) ça dépend des circonstances

3) La disposition de la classe en îlots modifie mon positionnement physique par rapport au tableau. J’ai l’impression que c’est:
(10 élèves) moins agréable (mal au dos, au cou, etc.)
(20 élèves) plus agréable

4) Dans quelles circonstances ai-je trouvé que la disposition en îlots était plus agréable que la disposition frontale?
(32 élèves) travail de groupe
(6 élèves) devoir en classe
(10 élèves) travail frontal (comme quand nous avons présenté nos résultats pour les paragraphes de LA)

5) La disposition de la classe en îlots modifie les déplacements de la prof. Je trouve cela:

(28 élèves) mieux, parce que
– (8 élèves) la prof peut se déplacer plus facilement
– (3 élèves) la prof a moins tendance à oublier l’ordre des prises de parole
(10 élèves) la prof est plus accessible / plus présente pour nous
– (4 élèves) ça facilite le travail de groupe et les débats sur le cours
– (1 élève) j’entends mieux
– (3 élèves) la prof voit toute la classe ce qui permet d’avoir plus d’attention

(6 élèves) moins bien, parce que
– (3 élèves) selon l’endroit où on est placé on ne voit pas très bien le tableau
– (1 élève) on est obligé de se tourner pour voir le professeur
– (1 élève) trop de bruit
– (1 élève) j’ai l’impression de revenir en maternelle

6) Au bout du compte, je voudrais:
(5 élèves) revenir à l’ancienne disposition
(29 élèves) garder la classe ainsi

Ce qui m’a le plus étonnée a été le fait que les élèves déclaraient ne pas avoir plus ou moins mal au dos ou au cou. Quiconque s’est assis sur du mobilier scolaire récemment pendant plus de trente minutes sait à quel point c’est un cauchemar en terme d’inconfort. Or, j’avais peur que la modification par rapport à la position des élèves et du tableau (qui reste, malgré tout, un point central nécessaire car j’écris tout le cours au tableau (5)) soit vraiment problématique.
La difficulté à voir le tableau m’a tout de même interrogée, et avec une collègue avec laquelle je partage la salle, nous avons disposé les îlots qui étaient sur les côtés (mur et fenêtre) en diagonale pour essayer de résoudre le problème. Quatre tables pour seulement deux élèves ont été laissées en disposition frontale pour les élèves qui pensaient bavarder trop à quatre ou trois ou pour les élèves qui avaient besoin physiquement de ce positionnement.

Retour des élèves en juin

J’ai de nouveau interrogé, bien que plus brièvement, les élèves sur la classe en îlots à la fin de l’année. 86 questionnaires ont été distribués, 39 ont été rendus.

La classe en îlots m’a permis:
(32 élèves) De mieux communiquer avec mes camarades / l’enseignante au sujet du cours
(16 élèves) De progresser sur certains points que je n’avais pas compris

La classe en îlots m’a gêné(e) à cause de:

(14 élèves) Mon positionnement physique par rapport au tableau / aux autres / à l’enseignante
(11 élèves) Du bavardage (le mien ou celui des autres)

Je pense que la prof devrait:
(20 élèves) Garder la classe en îlots
(4 élèves) Revenir à une disposition frontale
(11 élèves) Garder la classe en îlots, mais changer…
– La place des tables (6)
– L’enseignante devrait faire les groupes (4)
– Faire des tables à trois (1)

Le positionnement physique reste donc un obstacle, ainsi que le bavardage non relatif au cours. La voie proposée par les élèves concernant ce dernier point (me laisser faire les groupes) est probablement la solution de facilité bien qu’elle me déplaise fortement.

L’avis de l’enseignante

Mettre la classe en îlots de façon constante m’a permis de réaliser un objectif qui me tient à coeur: la collaboration. Elle est devenue constante et naturelle, en particulier dans les deux classes qui n’avaient pas cette culture (une des trois classes, à option STD2A, était habituée au travail de groupe).
Lors d’une LA, j’ai même pu avoir quinze minutes de parfaite autonomie en collaboration: les élèves devaient réaliser le plan à partir de la problématique qu’ils avaient trouvé. Ils m’ont complètement « ignorée » et ont commencé à discuter à l’intérieur de leur groupe et d’un groupe à l’autre, à voix haute, pour argumenter autour de leurs choix en me demandant simplement de les marquer au tableau. Une élève a rompu le charme lorsqu’elle l’a réalisé à voix haute.
Cette capacité à collaborer a toutefois été lente à mettre en place, mais le résultat a été extrêmement satisfaisant.

Le bavardage a été un immense problème pour moi aussi, pas seulement pour les élèves. Lors des années précédentes, lorsque le travail en îlots se limitait aux réponses aux études, je n’avais aucune difficulté à remarquer quels élèves échangeaient autour de la résolution du problème, quels élèves bavardaient. Lorsque toute la classe est constamment en îlots, et surtout lors des LA qui restent souvent en cours dialogué, c’est devenu très difficile. Et le niveau de bruit a vraiment augmenté. Est-ce juste un manque d’expérience de ma part? Le principe des îlots est que les élèves échangent. Comment séparer le « bon » bavardage du « mauvais »? Il faut d’ailleurs remarquer que dans le questionnaire de fin d’année, les élèves les mélangent: 8 de ceux qui ont déclaré être gênés par le bavardage ont aussi apprécié la qualité de communication.
Faut-il donc accepter le « mauvais » bavardage comme une fatalité inhérente aux îlots et choisir comme solution de faire les groupes soi-même?
D’un point de vue personnel, cela ne me convient pas. Cela me paraît arbitraire et autoritaire, ce qui ne permet pas de faire avancer les élèves vers l’autonomie et la prise de responsabilité dans les apprentissages, deux aspects qui me tiennent particulièrement à coeur.
Mais puisque j’envisage l’année prochaine de poursuivre en îlots, cela sera sûrement une mesure nécessaire dans les premiers mois de l’année au moins.

Un plaisir personnel d’enseignante a été la capacité à me déplacer. Je suis extrêmement maladroite et je ne m’aventure guère dans les rangées dans une disposition classique puisque je me cogne contre les tables, je manque de tomber régulièrement en me prenant dans les sacs et je shoote allégrement dans les casques de scooter.
Avec les îlots, les allées sont plus larges et je passe mon temps à me promener. J’ai également découvert que cela me permettait d’aller au fond de la classe et de me positionner vers le tableau, dans la même attitude que les élèves: nous devenons, ensemble, par la position physique, chercheurs face au texte vidéo-projeté. Les discussions autour de leurs interprétations et idées deviennent alors un véritable échange (6), non plus un échange faussé.
De même, alors que je ne m’asseyais à côté que lors des questions sur les études, j’ai pu le faire à n’importe quel moment.
Quel intérêt de s’asseoir à côté d’eux? Immense. Le dialogue devient plus aisé, on prend du temps pour chaque élève, on finit par tous les connaître (même dans une classe à 34) ce qui est fondamental dans l’évaluation par compétence, on peut différencier et individualiser véritablement.

Le problème que je n’ai pas encore résolu, à part le bruit, sont les LA pour les 1ères.
Avec les 2ndes, j’ai pu explorer des modalités de LA riches, même pour les lectures analytiques – commentaires. Avec les 1ères, la question de l’examen pèse irrémédiablement (le temps, le temps, le temps). Je reste donc dans du cours dialogué, en îlot plutôt que frontal. Et même si ma position a permis des changements, les élèves restent dans la position où les propositions faites par leurs camarades ne sont que peu dignes d’attention: elles doivent être validées par l’enseignante, pas par leur propre esprit critique. Je reste le seul interlocuteur, les autres ne font pas partie du dialogue (si ce n’est pour discuter de ce que j’ai validé à l’intérieur de l’îlot), contrairement aux 2ndes où toute la classe s’invite dans l’échange.

La question du positionnement physique est la question du tableau: il reste le point central, que je l’utilise ou que ce soient les élèves qui l’investissent (ce qui a lieu régulièrement dans ma classe).
Et, pour l’instant, je ne reviendrai pas sur cet élément: mes élèves n’ont pas une tablette ou un ordinateur par îlot sur lesquels ce qui est projeté au tableau peut être reproduit ; mes élèves dys ou sourds et malentendants ont besoin que j’écrive tout ce qui se retrouvera dans le classeur au tableau.
Il faudrait un changement – d’équipement, peut-être? – pour que je change cette relation (presque symbiotique!) au tableau.
Tant que le tableau restera le point central, je peux jouer à Tetris autant que je veux avec les îlots, il restera toujours des élèves qui seront moins bien positionnés.

Pour finir… Groupes de 4 ou groupes de 3? Je reste persuadée que des groupes de 3 sont la réponse. Mais le mobilier à ma disposition ne peut pas être changé ; les murs de la classe ne peuvent pas être poussés. Dans l’idéal, j’aurais des tables de 4 rectangulaires avec seulement 3 élèves assis autour et une place qui serait la mienne lorsque je m’assois à cet îlot. Dans la réalité, ma salle, bien que grande par rapport à de nombreuses autres, ne le permet pas.
Une collègue avait judicieusement proposé une disposition en L (deux tables avec une troisième faisant angle). J’ai brièvement essayé: la longueur de jambes de cette génération a rendu la solution plus problématique que le problème!

Projection 2015-2016

Je pense maintenir la disposition en îlots.
Oui, elle soulève des difficultés que je n’ai pas encore réussi à résoudre en raison de cet exercice d’équilibriste périlleux entre le programme, le temps, les élèves à particularités, les élèves en difficulté, les élèves autonomes, ceux qui ne le sont pas, etc. Non, elle n’est pas parfaite parce que certains ne voient pas bien le tableau, d’autres bavardent sur le menu de la cantine, les bavardages sur la nouvelle, les bavardages sur ce que porte la prof aujourd’hui, etc.
Mais, elle me semble, après quelques mois d’utilisation bien plus satisfaisante que la disposition frontale en rang d’oignon. Les élèves gagnent en autonomie et en investissement personnel ; les élèves apprennent à collaborer ; le dialogue devient réel et non plus artificiel et chacun prend plus facilement la parole, y compris les plus timides.
Je pense également que la culture du BYOD (autorisé dans mon établissement) devrait permettre des modifications positives sur le moyen terme ou sur le long terme, le temps que cette culture s’installe dans l’établissement.
Cette disposition nécessite aussi des possibilités « administratives » : il faut pouvoir partager sa classe avec des collègues qui sont prêts à accepter une disposition si particulière.
Je pense, enfin, que par tâtonnements et expérience, je vais réussir à mieux identifier le « mauvais » bavardage du « bon ».
Comme pour l’évaluation par compétences, je pense que mettre sa classe en îlot est pour l’enseignant une recherche à long terme, quelque chose qui est mieux, mais pas miraculeux.

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(1) Pour couper court à tout hauts cris, je signale que ma LA est entièrement faite (et plus encore) pendant mes préparations de cours. Mais elle dort ensuite bien sagement dans le porte-vue rangé dans mon casier. Je ne m’y réfère que pour vérifier que les élèves ont bien vu tout ce qu’il y avait d’important à voir pour leur niveau et la problématique de séquence.

(2) Je parle de l’évaluation par compétences ailleurs dans ce blog. Voir publications de juin 2014 et de juin 2013.

(3) Si la classe inversée et ses problématiques vous intéressent, je recommande très chaudement le travail éclairant de Marie Soulié, enseignante en collège, que vous trouverez facilement.

(4) Les questionnaires sont à compléter à tête reposée, en dehors du cours. De nombreux élèves ne le font pas pour diverses raisons, en particulier le manque d’habitude de donner un avis sur l’enseignement reçu.

(5) Tout est écrit au tableau pour les élèves avec troubles des apprentissages. Pas de prise de notes dans ma classe qui les handicaperait encore plus. S’il s’agit de les préparer au supérieur, c’est ignorer qu’il existe maintenant pour ces élèves quantité de moyens techniques pour prendre efficacement des notes.

(6) Oui, je maîtrise mieux le texte qu’eux ; oui, j’en sais plus qu’eux sur le sujet. Mais cette position au fond de la classe m’incite à examiner leur proposition de façon réelle plutôt qu’à la rejeter d’un revers de main.

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